Chapitre I
Une cave pleine,
et personne pour dire quand.
Cavista est née dans une cave de famille, sur la Riviera vaudoise. Pas dans un bureau.
Mon père aime le vin. Il en achète chez les vignerons, dans les foires, chez des amis, et il range tout dans la cave. Au fil des années, la cave s'est remplie de bouteilles dont on ne savait plus grand-chose : d'où elles venaient, ce qu'il y avait dedans, et surtout quand il fallait les ouvrir.
Alors il ouvrait. Beaucoup. Un rouge qui aurait gagné à attendre quelques années. Un blanc qu'on a laissé passer sans s'en rendre compte. Rien de dramatique, mais à chaque fois la même remarque à table : celle-là, ce n'était pas le moment.
Je l'ai regardé faire pendant des années. Et j'ai fini par comprendre que le problème n'était pas le vin. C'était l'information. Elle existe, elle est écrite quelque part, chez le producteur. Mais elle n'est jamais là, dans la cave, au moment où on tient la bouteille.
Chapitre II
Ce que les apps existantes ne faisaient pas.
On a essayé ce qui existait. Des apps pour scanner, pour noter, pour partager. Elles savent reconnaître une étiquette, mais ensuite elles vous donnent l'avis de tout le monde : des notes, des commentaires, des photos de verres sur des terrasses. Chacun y met ce qu'il veut. C'est vivant, mais ce n'est pas fiable, et ça ne répond pas à la question de mon père : quand est-ce que je l'ouvre ?
Le vigneron, lui, sait. Il écrit les cépages, la garde conseillée, les accords, sur sa contre-étiquette ou sur son site. C'est cette information-là qu'on voulait dans la cave. Pas une autre.
Chapitre III
Une app qui lit l'étiquette et écoute le producteur.
Cavista photographie l'étiquette, reconnaît le vin et remplit sa fiche avec ce que le producteur a publié : cépages, appellation, fenêtre de dégustation, accords, prix. Quand il ne publie pas une information, la case reste vide. On n'invente rien, et l'app dit toujours d'où vient chaque ligne.
Ensuite, elle fait le travail que personne ne faisait dans la cave : elle surveille. L'onglet « À boire » réunit les bouteilles arrivées à leur apogée, et un rappel mensuel les remet en tête. Mon père n'ouvre plus au hasard. Il ouvre ce qui est prêt.
Nicolas Guex, cofondateur de Cavista
Lausanne, octobre 2026